Les aires protégées

Obtenir un 30% véritable

Qu'est ce qu'on considère comme aire protégées?

Avec le lancement de la nouvelle stratégie Force de la nature, l’attention se tourne vers l’engagement de protéger 30 % du territoire d’ici 2030. Les gens sont enthousiastes à l’idée de voir naître de nouvelles aires protégées dans un contexte de perte de biodiversité et de crise climatique. Après tout, le Canada est reconnu pour la richesse et la diversité de ses paysages naturels sauvages!

Mais que signifie exactement l’expression « aires protégées » dans ce contexte? Cela veut sûrement dire que ces portions choisies de terres et d’eaux doivent être préservées dans leur état naturel? Et qu’elles devraient bénéficier de protections juridiques pour empêcher toute exploitation ou destruction future?
À la SNAP-VO, nous croyons certainement que ce devrait être le cas!

Un rapide coup d’œil à la nouvelle stratégie révèle que la majorité des nouvelles aires protégées seront désignées comme des « autres mesures de conservation efficaces par zone » (AMCE), avec peu ou pas de mention de réserves de biodiversité. Mais quelle est la différence?
Avec la multitude de désignations et de définitions qui existent, il peut être difficile de bien comprendre comment nos territoires sont gérés et quelles protections nos précieuses ressources naturelles possèdent réellement.

Examinons la question de plus près.

Qu’est-ce qui est inclus dans l’objectif de protéger 30 % du territoire d’ici 2030?

Un bon point de départ consiste à examiner ce qui est actuellement comptabilisé dans l’objectif de 30 %. Vous pouvez le constater par vous-même en consultant la Base de données canadienne sur les aires protégées et de conservation ici.

En examinant la carte de plus près, nous constatons qu’elle pose problème, puisque certains secteurs clés y sont inclus alors qu’ils ne bénéficient d’aucune protection juridique, notamment le parc de la Gatineau et certaines parties de la Ceinture de verdure de la capitale nationale.

La désignation d’« écosystème d’intérêt » ou de « parc de conservation » ne protège pas un territoire contre l’empiètement du développement. Ces secteurs risquent donc d’être endommagés, réduits ou même complètement perdus.

Est-ce que ces secteurs devraient alors être comptabilisés dans l’objectif de 30 %?
À la SNAP-VO, nous ne le croyons certainement pas!

Nous avons créé cette carte qui présente un portrait plus fidèle des terres actuellement protégées dans le bassin versant de la rivière des Outaouais.

Que DEVRAIT-être une aire protégée?

À la SNAP-VO, nous croyons qu’une aire protégée devrait être exactement ce que les gens s’attendent à ce qu’elle soit : une portion de territoire clairement définie et légalement protégée, mise de côté afin de permettre à la nature de s’épanouir.

C’est pourquoi nous avons élaboré la définition détaillée suivante :

Une aire protégée est un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré par des moyens juridiques ou autres mécanismes efficaces, visant à assurer à long terme la conservation de la nature, des services écosystémiques et des valeurs culturelles qui y sont associées.

Elle a pour objectif de maintenir la composition, la structure, les fonctions écologiques, le potentiel évolutif de la biodiversité et le patrimoine culturel à l’échelle des espèces, des habitats, des écosystèmes et du paysage. Sa superficie et sa configuration doivent permettre de garantir l’intégrité écologique et le maintien à long terme des cibles de conservation.

Une aire protégée est gérée selon un plan structuré, appuyé par un programme de suivi et d’évaluation favorisant une gestion adaptative et locale, reposant sur une gouvernance claire, équitable, inclusive et efficace. Elle suit les valeurs et intentions des communautés autochtones qui habitent le territoire et vise à préserver de façon permanente les raisons pourquoi elle a été créée, incluant les caractéristiques écologiques, géomorphologiques, paysagères et culturelles.

Elle peut fournir des services écosystémiques essentiels, notamment en contribuant à la régulation du climat et à la résilience face aux changements climatiques. Elle peut également générer des bénéfices pour les communautés locales, offrir des opportunités récréatives compatibles avec ses objectifs, soutenir la recherche scientifique à faible impact, et favoriser l’éducation ainsi que l’adhésion du public à la conservation.

Une aire protégée exclut toute forme de gestion industrielle des ressources. Dans le cas d’une gestion durable des ressources naturelles, elle doit être faite de sorte à suivre les objectifs de conservation de l’aire protégée, et seulement lorsque la conservation et l’utilisation durable peuvent être mutuellement bénéfiques.

AU MOINS 30% par 2030

Protéger la nature c'est protéger notre future

Désignations et ressources

Il peut être difficile de s’y retrouver parmi les différentes désignations et leurs définitions! Voici une liste des principales catégories que vous rencontrerez, accompagnées de liens pour en apprendre davantage.

Fédérales:

Parc national

Parc urbain national (PUN)

Réserve nationale de faune (RNF)

Refuge d’oiseaux migrateurs (ROM)

Autre mesure de conservation efficace par zone (AMCEZ)