Parce que la protection seule n'est pas assez!
En 2025, SNAP OV a entrepris un nouveau chapitre : le lancement d’un programme de restauration écologique, conçu comme le prolongement naturel de nos efforts de longue date pour protéger les grandes zones naturelles intactes qui subsistent dans la région. Pour ce projet, notre attention se tourne vers des lieux plus proches de nos communautés – là où la nature et la vie quotidienne se rencontrent, et où la restauration peut transformer non seulement les écosystèmes, mais aussi notre relation collective au territoire.
Nous ciblons des sites à haute valeur écologique, des endroits où des interventions bien planifiées peuvent restaurer l’intégrité des habitats naturels, améliorer des services essentiels tels que la purification de l’eau, et redonner aux communautés locales des espaces naturels vibrantes, résilientes et inspirantes. Restaurer un lieu, c’est aussi raviver un sentiment d’appartenance, de responsabilité et de fierté. Mais par où commencer dans un bassin versant aussi vaste et complexe que celui-ci ?
Peu de gens savent que la rivière des Outaouais – la Kichi zibi, ou « grande rivière » – abrite certains des écosystèmes les plus uniques du Québec : des milieux qui ne sont ni entièrement terrestres ni entièrement aquatiques, mais plutôt un monde intermédiaire d’une richesse et d’une beauté remarquables.
Les forêts feuillues humides qui bordent les pointes et les péninsules de la rivière, nichées dans la plaine inondable, constituent de véritables sanctuaires de biodiversité. Ces forêts humides, où se côtoient espèces terrestres et aquatiques, offrent un refuge à une diversité exceptionnelle de flore et de faune, et représentent des lieux prisés pour la randonnée, l’observation des oiseaux et la chasse à la sauvagine.
Parmi ces trésors naturels, le projet de refuge faunique des Grandes Baies se distingue particulièrement. S’étendant sur près de 28 km², de Gatineau à Thurso, il constitue un corridor écologique d’une importance majeure.
Cependant, ces territoires, toujours en cours d’acquisition par le gouvernement du Québec, portent aussi les traces du passé : l’agrile du frêne a décimé des peuplements entiers de frênes, dont le frêne noir, une espèce désormais classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature.
De plus, certaines zones ont été fortement perturbées par d’anciennes activités agricoles ou industrielles, laissant des milieux dégradés qui nécessitent aujourd’hui des efforts de restauration.
C’est pourquoi nous avons entrepris des inventaires écologiques dans le secteur des Grandes Baies, en vue de possibles travaux de revégétalisation des rives — notamment près de la rivière Blanche-Est (à proximité de Thurso), ainsi que dans le secteur du marais des Laîches, à Gatineau.
La plantation d’arbres et d’arbustes le long des rives est essentielle pour protéger la biodiversité, contribuer au contrôle de l’érosion, réduire le ruissellement des sédiments, limiter le réchauffement de l’eau et préserver les habitats aquatiques contre leur dégradation.
Les peuplements de frêne noir de la forêt Boucher, situés au cœur de Gatineau, constituent un rappel frappant des ravages causés par des espèces exotiques envahissantes transportées par le commerce, comme l’agrile du frêne. Le frêne noir joue un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité, de la qualité de l’eau et du contrôle des inondations, ainsi que dans les traditions culturelles des Premières Nations, qui l’utilisent notamment pour la vannerie. Dans des peuplements étendus comme ceux de la forêt Boucher, il est urgent d’agir avant que ces habitats uniques ne soient envahis par des arbustes exotiques envahissants, tels que le nerprun bourdaine.
Nous travaillons actuellement en collaboration avec la Fondation forêt Boucher et la Ville de Gatineau à un projet de plantation d’arbres visant 5 hectares de zones touchées, avec l’objectif de planter jusqu’à 8 000 arbres. Notre approche consiste à identifier et à suivre la régénération naturelle du frêne noir, tout en plantant des espèces compagnes généralement associées à celui-ci dans les forêts feuillues humides de la région.
Nous collaborons également avec des organismes spécialisés, dont l’Association pour la conservation des gènes forestiers, afin d’évaluer les possibilités de plantation de frênes noirs présentant une résistance à l’agrile du frêne.
Et ce n’est que le début.
Nous demeurons ouverts à de nouvelles approches, à de nouveaux sites et à de nouvelles collaborations qui misent sur des solutions fondées sur la nature afin de restaurer des milieux écologiques à haute valeur, qu’il s’agisse de cours d’eau traversant des terres agricoles ou de milieux naturels situés au cœur des villes et des municipalités de la vallée de l’Outaouais.
S’il existe un lieu du bassin versant qui vous tient à cœur – une terre publique dégradée, un coin de nature qui mérite une seconde vie – nous vous invitons à communiquer avec nous. Ensemble, nous pouvons redonner vitalité et résilience aux écosystèmes de la vallée de l’Outaouais.
Pour plus d’information, contactez Andrew, notre gestionnaire de la restauration : agibson@cpaws.org.